Le poids : un langage de l’âme, une empreinte vibratoire
Pourquoi notre corps change-t-il de relief ? Pourquoi le poids s’invite-t-il ou se dérobe-t-il, parfois au mépris de toute logique calorique ?
En tant que coach en nutrition bioénergétique, je perçois le poids non pas comme un simple chiffre, mais comme une signature vibratoire ; le témoin silencieux de notre histoire intérieure. Il est le miroir de nos émotions non digérées, de nos deuils figés et de ces fidélités invisibles qui nous lient au passé. Notre corps incarne les nœuds de l’âme tout autant que les déséquilibres de la chair.
Le corps, cet ancien tambour
Et si, enfin, nous prenions le temps d’écouter ? Notre corps est là depuis le premier souffle. Il a tout vu, tout ressenti, tout porté. Tel un ancien tambour, il résonne de ce que l’âme n’a su dire à voix haute. Car le corps ne ment jamais : il parle, il exprime, il traduit.
Notre poids est un langage. Il raconte bien plus que la somme de nos repas ou l’intensité de nos mouvements. Il murmure ce que nous avons vécu, ce que nous avons tu, et parfois même, sans que nous en ayons conscience, ce que nous portons pour autrui.
Bien souvent, les métamorphoses physiques suivent l’onde de choc d’un bouleversement : la perte d’un être cher, la rupture d’un repère, l’effondrement d’un monde intérieur. Dans ce tumulte, le corps — ce sage discret — tente d’équilibrer ce que l’âme ne parvient plus à soutenir seule.
Devenir le socle : mon histoire
L’expérience m’a appris que l’amour lui-même possède sa propre pesanteur.
J’ai pris du poids au moment de ma rencontre avec mon conjoint. Un paradoxe, n’est-ce pas ? On imagine souvent que l’amour allège, qu’il fait s’envoler la chair en ouvrant le cœur. Pourtant, je me suis alourdie.
Mon compagnon était un être fin, presque aérien, d’une clarté translucide. Lorsque notre fille est née — ce miracle doux et puissant — j’ai conservé les traces physiques de la maternité, mais j’ai aussi hérité d’une charge invisible : le poids qu’il ne portait pas.
Sans m’en rendre compte, j’ai densifié ses flottements. Je suis devenue le socle, l’ancrage. Mon corps a tenu pour deux. Cette solidarité était une réponse d’amour, certes, mais elle était aussi une forme d’oubli de moi-même.
Faire du poids un allié loyal
Ainsi, lorsque la vie nous bouscule, le corps s’ajuste. Il résonne selon la qualité de notre présence à nous-mêmes à l’instant précis où l’événement nous traverse. C’est souvent le murmure d’un ego blessé qui couvre la voix de l’âme et nous empêche d’entendre la vérité de nos besoins.
Et si nous cessions enfin de nous battre contre ce poids ?
Et si nous choisissions de le regarder autrement ? Non plus comme un ennemi à abattre, mais comme un allié loyal — parfois maladroit, mais toujours fidèle à l’élan d’amour et à la vie qui nous habite.
